American History X – Tony Kaye (1998)

American History X – Tony Kaye (1998)

Ca me fait quand même toujours un peu peur de vous écrire un article sur des films/livres/cequevousvoulez qui sont vraiment mythiques. C’est vrai que tout le monde a un peu sa propre perception du film, sa propre vision. Et puis quand ils sont vraiment connu, bah c’est un peu facile de tomber dans le piège du « je répète toutes les banalités qu’on raconte tout le temps dessus ». Certains ne seront peut-être pas d’accord avec moi mais quand même, je pense bien que American History X mérite une petite place au coté de ces grands là, et je vais tant bien que mal essayer de ne pas être banal.

AHX

C’est la manipulation qui prime dans le film. La manipulation et les origines. On voit comment deux gosses se font entraîner, le premier par le grand méchant nazi, le deuxième par premier, dans des idéologies qu’on pourrait aller jusqu’à qualifier d’arriérées. Mais on sait aussi que si cet embrigadement a été possible, c’est aussi parce que le bon papa était là pour leur dire que quand même faut pas croire tout ce que les blacks essaient de nous inculquer (il parle en l’occurrence du prof de Derek, grand frère). C’est juste que quand le papa est mort, tué par des étrangers, et ben ce qu’il leur avait sagement inculqué, non pas comme un nazi, juste comme un bon conservateur raciste et bien con, a pris feu, alimenté par les discours de haine de Cameron (le susmentionné grand méchant nazi), chef d’un gang de rue néonazi (le DOC : Disciples of Christ). Ledit gang que Derek va contribuer à rendre puissant.

L’oeuvre est globalement violente, mais comment ne pas l’être quand on traite d’un sujet comme le néo-nazisme ? Les scènes les plus violentes (physiquement), je pense notamment à la bien connue « scène de la mâchoire », je les considère comme importantes pour fixer dans la réalité la dangerosité des convictions. Mais passons, pour moi, ce sont les mots les plus durs dans le film, mais c’est vrai que 2 ou 3 scènes bien trashs nous permettent de comprendre qu’on a pas affaire juste à des grandes gueules qui récitent sagement les discours sans réfléchir (même si c’est le cas de certains personnages du film), grandes gueules qui n’auraient pas le courage de passer à l’acte. Eux, ils sont prêts à passer à l’action. Bref, c’est des mecs dangereux.

Mais c’est aussi la violence sociale qui est abordée, le milieu dans lequel est plongé le Danny (le petit frère), sa famille tente de se reconstruire, de survivre, après le décès de son père. Et son grand frère déverse sa rage dans la violence et la haine, emmenant Danny partout avec lui, le plongeant ainsi dès ses 14 ans dans les milieux skin du coin. Comment voulez-vous qu’après avoir vu son frère tuer sous ses yeux 2 noirs qui tentent de voler sa voiture et partir en prison pour 3 ans, il ne parte pas sévèrement en couille, à réciter des théories de suprématie à la con ?

Et puis, il y a la lumière, la rédemption de Derek qui se fait en prison. Avec l’aide d’un ancien prof du lycée, il regarde son passé pour comprendre que la haine ne lui a rien apporté. Et que surtout, tout ce qu’il a pu faire, tout le mal qu’il a provoqué n’a jamais rien fait pour diminuer cette haine. Il ne s’est pas sentit mieux après avoir tué ces deux personnes. En effet, comme l’a si bien théorisé maître Yoda « la colère mène à la haine, la haine… mène à la souffrance », et non à la paix.

Pour être plus sérieux, la fin nous montre (non, je ne la raconterai pas à ceux qui ne l’ont pas encore vu ne vous inquiétez pas) que cet embrigadement n’est pas existant qu’au sein des WASP et que les communautés afro-américaines sont elles aussi sujettes aux problèmes de gang qui gravitent autour de la jeunesse pour les drainer en leur sein. Si le film ne l’aborde pratiquement pas si ce n’est avec la dernière scène, il est agréable de remarquer que le discours n’est pas manichéen et que les problèmes sont tous perçus par le réalisateur.

Pour terminer, le film est vraiment bon, il aborde des sujets sensibles et effrayants, dont on a pas forcément toujours conscience (on peut en connaître l’existence sans mesurer pleinement la chose). Il montre le pourquoi du comment, qu’est ce qui a contribué à former les personnages de Derek, de Danny, que les néonazis ne sont (presque) pas tous des gens stupides (tous les deux sont très bon élèves (je ne dis pas que les mauvais élèves sont stupides, ne vous méprenez pas !)) , mais que ce sont surtout des esprits affaiblis dont on profite. Pour terminer, je m’inspirerais du film, Derek ne disais-t-il pas après tout « c’est bien de terminer un devoir par une citation, […] quelqu’un a déjà dû en faire une bonne, si on ne peut pas faire mieux, autant la lui emprunter carrément ! J’ai choisi celle-là et j’espère qu’elle vous plaira : » « Il n’y a que la haine pour rendre les gens intelligents » (-Albert Camus), à l’image de Derek et Danny.

T.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s