Gatsby le Magnifique – Baz Luhrmann (2013)

Gatsby le Magnifique – Baz Luhrmann (2013)

gatsby-le-magnifique-affiche-515d8a85e0668Cette année, le réalisateur Baz Luhrmann choisit lui aussi d’adapter le roman américain mythique de Fitzgerald. Un film qui a fait parler de lui en ayant eu l’honneur de se présenter en tant que film d’ouverture du festival de Cannes.

On s’attend à du lourd, attente justifiée lorsque l’on considère la tête d’affiche (Leonardo DiCaprio, Carey Mulligan, Tobey Maguire), que l’on découvre une bande-annonce bouillonnante et une BO pour laquelle Lana Del Rey, Sia, Florence & The Machine ont offert leur voix virevoltantes ; Beyoncé a proposé une reprise sombre de Back to Black très réussie et The XX, Jack White ont accepté de relever le défi d’apporter une musique anachronique dans un film so twenties.

Car oui, nous ne pouvons pas reprocher à Baz Luhrmann de ne pas avoir été fidèle à l’histoire originelle : celle d’un homme richissime et mystérieux au lendemain de la Grande Guerre qui parvient à conquérir le rêve américain, que l’on découvre à travers les yeux de son voisin Nick, débarquant tout juste à New York. Il s’agit d’une découverte de cette ville à une époque si particulière, parallèlement à une histoire d’amour comme on en voit rarement, folle, à l’image des années vingt.

Dans ce film, Baz Luhrmann ajoute des notes contemporaines sans dénaturer l’essence même des années riches, burlesques, superficielles voire excessives. Et paradoxalement, c’est surement le principal reproche que l’on peut faire à ce film : être trop superficiel.

Les plans surfaits s’enchaînent, les montages de visages et écritures au milieu de nuages grisonnants ajoutés aux violons de morceau extradiégétiques ne semblent pas freiner Baz Luhrmann à donner à son film une dimension  de conte de fée, soutenue par des images de synthèse dans lesquelles la caméra paraît tournoyer à la surface de l’eau telle une soucoupe volante. Peut être que cette idée de monde merveilleux est présente plus pour souligner le kitsch et le superficiel dans le mode de vie de ces années et du personnage de Gatsby en lui même, que par choix purement esthétique de la part de Baz Luhrmann. Du moins, on l’espère franchement. Mais il est pourtant bien connu que même dans les contes, le sombre sait se manifester à bon escient. Le réalisateur semble être passé rapidement sur l’intensité de cette dimension particulièrement présente dans le roman, ne la montrant que très subsidiairement.

De même, il m’a semblé que cette superficialité cachait la spontanéité de certains personnages, les rendant presque grotesques. Où est la simplicité de Nick, qui découvre avec le spectateur la folie new-yorkaise des années vingt, interprété par Tobey Maguire, qui paraît plus naïf que curieux ?

Il ne s’agit pas d’un problème de jeu d’acteurs, Leonardo DiCaprio est magnifique comme à son habitude, jonglant habilement entre comique subtil et rage pinçante dans le rôle de Gatsby ; Carey Mulligan est très touchante dans son interprétation de Daisy et Elisabeth Debicki, encore peu connue dans le monde du cinéma mais à laquelle a été attribué le rôle de Jordan, peut se permettre d’affirmer qu’elle a su s’intégrer au milieu de ce casting en offrant un personnage délicieux.

Pour couronner le tout, un problème de rythme semble se dessiner. Le film commence, énergique, fou et spectaculaire pour redescendre d’un coup. Mais une telle redescente est fatale : il paraît en effet dangereux de ne pas laisser le temps au spectateur d’entrer dans le film avant de lui en mettre plein les yeux car à peine est-il entré dedans que la folie redescend, et alors la platitude voire parfois l’ennui (qui s’ajoute à une overdose de violons encore une fois) semblent faire surface.

Mais cette platitude n’est heureusement qu’un vieux souvenir lorsque le film s’achève et que la caméra nous offre un DiCaprio en maillot de bain à bretelles (un petit aperçu tout en gardant le suspens), so sexy.

E.

Publicités

Une réflexion au sujet de « Gatsby le Magnifique – Baz Luhrmann (2013) »

  1. A moitié d’accord avec cet article.. LE truc gnan gnan,c’est vrai, ce sont vraiment les écritures avec les violons, trop vu et trop fleur bleue. Mais le rythme, l’extrême rapidité du début et la descente progressive correspondent vraiment à l’histoire. Je trouve que ça fait un super effet avec la vie palpitante, les fêtes, la découverte de new york en un éclat fulgurant au début (l’apogée de la vie de Gatsby), puis, une lenteur qui s’installe lorsque l’histoire devient plus « psychologique », plus… »humaine »(comme une descente aux Enfers du personnage). Les images de synthèse, sur la baie et dans les grandes avenues de NY sont assez particulières mais vont très bien je trouve avec l’esthétique du film. Les couleurs sont éclatantes! Dans tout le film,les jardins sont trop verts (d’ailleurs dans le livre Fitzgerald parle des « jardins bleus » de Gatsby les soirs de fête, et la lumière à l’écran rend vraiment bien ce petit détail!), les fleurs sont trop roses et le ciel est trop bleu pour faire vrai. Tout est trop « parfait » pour faire vrai, et ça en est même un peu inquiétant au final…Tout ça ajoute une vraie dimension féerique à ce conte d’Après-geurre!! Donc, pour moi, OUI c’est rapide (oui, le début donne mal à la tête), OUI c’est du grand spectacle à l’américaine, mais en même temps, qui peut le reprocher à Baz Luhrmann? C’était attendu, les images en mettent plein les yeux, et on passe un vrai moment de divertissement! Pour moi, le pari est réussi!!

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s