Rubber – Quentin Dupieux (2010)

Rubber

Le film commence en plein désert américain, un homme fixe une voiture de police qui slalome à travers des chaises en bois posées au milieu de la route et qui les renverse toutes. Puis un policier en sort et s’adresse à la caméra pour énumérer une liste de films pleins de « no reason ». « Pourquoi dans E.T., l’alien est-il marron ? No reason ». Et pourquoi tant de « no reason » ? Parce que la vie elle-même est pleine de ces « no reason ». « Pourquoi certaines personnes aiment les saucisses et d’autres personnes détestent les saucisses ? No fucking reason ».

Et le film lui-même est « un hommage à la no reason. ».

En même temps, il suffit d’apprendre que c’est l’histoire d’un pneu tueur qui tombe amoureux d’une jeune femme pour se dire que ça risque d’être un peu chelou comme film. C’est avec ça que Quentin Dupieux nous emmène dans son univers absurde, perdu au milieu de somptueux paysages américains qui vont vous régaler.

Pour vous raconter le film, je ne sais pas trop comment m’y prendre, ni par où commencer. Pour être honnête, c’est un bon bordel. Spatialement, on peut découper le film en deux parties : sur une petite colline, des spectateurs assistent à l’histoire du pneu, et le reste du désert appartient à ladite histoire. A peu de choses près, et pendant la majeure partie du film, ces deux parties ne se mélangent pas trop. Cependant, on ne sait jamais bien ce qui est vrai ou pas, certains cadavres d’animaux sont faux, certains cadavres humains sont vrais, Dupieux nous perd un peu, rien n’est vraiment clair.

C’est ça le cinéma absurde du réalisateur français, on s’égare dans une histoire qui semble ne pas en être une, tantôt fausse, tantôt vraie (et j’ai bien peur de vous avoir perdu aussi avec mes deux dernières phrases mes chers et tendres). Impossible de savoir où est la frontière entre les deux, entre le réel et l’imaginaire. Tout se confond. Et c’est très bien comme ça. Les scènes étranges et incohérentes s’enchaînent, par exemple, un policier annonce à ses collègues qu’ils peuvent arrêter de jouer la comédie puisqu’il n’y a plus de spectateurs. Sauf qu’en fait, ils ne jouaient pas la comédie. Alors, acteurs embauchés pour le plaisir de spectateurs, policiers piégés pour rendre l’action plus réelle ou alors y a-t-il vraiment eu un meurtre ?

Cerise sur le gâteau, tout est extrêmement bien filmé, les plans sont magnifiques, à la hauteur des décors. Pour l’info, le film a été tourné entièrement avec deux réflex numériques canon 5D, Dupieux voulait sauter les étapes laborieuses des tournages de cinéma et a donc commencé à tourner le film avec le matériel qu’il possédait sur le moment. Et il semble avoir apprécié puisqu’il a finalement tourné tout le film avec, obtenant des images assez particulières.

Un film très plaisant à regarder, assez court (1h20), il n’aura donc pas le temps de vous lasser. On peut suivre l’histoire, sans comprendre tout ce qui s’y passe, non pas parce que c’est compliqué, mais parce qu’il n’y a tout simplement rien à comprendre. C’est juste absurde. Et génial.

Une dernière petite question qui nous a taraudé tout le film durant : « mais comment ils ont réussi à faire bouger ce putain de pneu ?! »

T.

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