Loin de Corpus Christi, de Christophe Pellet, mise en scène Jacques Lassalle : Théâtre des Célestins

corpuschristiLoin de Corpus Christi – Christophe Pellet

Mise en scène Jacques Lassalle

Avec Marianne Basler, Sophie Tellier, Annick Le Goff, Brice Hillairet, Bernard Bloch, Tania Torrens et Julien Bal

Du cinéma dans le théâtre, voici comment nous pourrions définir cette pièce. Donner un aspect cinématographique à un oeuvre théâtrale, sûrement un jeu d’enfant pour Christophe Pellet, dramaturge et cinéaste. Plusieurs époques, protagonistes, lieux s’entremêlent ingénieusement sur scène.

La pièce commence par mettre en parallèle spectateurs et acteurs avant même que les lumières du théâtre ne s’éteignent : nous sommes face à (voire presque dans) un décor de salle de cinéma, et les comédiens invitent le public à visionner un film en noir et blanc des années 40. Tout commence lorsqu’Anna Wittgenstein cherche à retracer la vie du comédien Richard Hart recruté par Norma Westmore, directrice de casting à Hollywood : acteur simple, pure, qui parait se noyer dans la folie et les précipices hollywoodiens de l’après-guerre. Cette première partie, quoiqu’un peu longuette par moments avouons-le, fait l’objet de nombreux flash-backs entre Paris en 2005 et Hollywood en 1947, contrôlé par le FBI lors de la période maccarthyste.

La seconde partie nous livre le Berlin aux lendemains de la chute du mur. Le contexte y est tout aussi particulier : la Stasi est présente, la population est libre mais méfiante. Une seconde partie plus troublante : nous retrouvons Norma, la fraîcheur de ses vingt ans en moins, les rides de l’histoire en plus, donnant des cours d’anglais à des jeunes élèves/amants.

Loin-de-corpus-christi_005_ressourceOriginaleSans vous dévoiler l’intrigue même de la pièce (quoique ceci ne gâcherait en rien le plaisir de voir les jeux tout à fait remarquables des comédiens, avec un coup de cœur notable pour ceux de Marianne Basler (interprétant Norma) et Annick Le Goff), nous avons l’impression d’avoir été pris dans un bon thriller d’espionnage où se croisent des histoires qui ne paraissent rien avoir en commun, et où à travers les péripéties, le suspens et les révélations finalement tant attendues se dévoile une continuité où chacune des petites particules de chaque époque semblent se rassembler en un édifice historique, troublant.

Plus que cet aspect historique, il s’agit aussi d’une mise en parallèle de deux destins de femmes appartenant à deux époques distinctes, unies par leur seul amour pour le cinéma et pour Richard Hart ; l’une rêvant de cet amour intense, non vécu, l’autre vivant cet amour qui la trahira. Jacques Lassalle met en scène une réelle interrogation sur la trahison, l’amour, la fascination et finalement en filigrane l’humanité d’un homme sous ses aspects les plus complexes.

E.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s