No – Pablo Larraín (2013)

No – Pablo Larraín (2013)

no pablo LarrainAvec Gael García BernalAntonia ZegersAlfredo Castro

Le réalisateur chilien signe ici son quatrième film. Il choisit ici de recontextualiser la chute du dictateur chilien Augusto Pinochet en 1990 suite à un referendum organisé en 1988 face à la pression internationale. Chaque camp du referendum a alors 15 minutes d’antenne par jour pour faire campagne.

En utilisant des caméras des années 80 de manière à donner à son film la même esthétique qu’à l’époque, Pablo Larraín nous plonge dans ce contexte chilien à travers le personnage de René Saavedra, interprété par Gael García Bernal. Nous voyons son évolution : René a une vie correcte en tant que créateur de publicités, entre autre obtenue grâce au système de l’époque, et ne paraît d’abord pas avoir d’opinion très marqué sur ce referendum ; cependant il s’engagera dans la campagne du ‘’No’’, d’abord en tant que conseiller puis en tant que participant actif, en produisant avec ses coéquipiers la campagne contre le gouvernement Pinochet. Il n’y aurait donc pas de meilleur protagoniste qui aurait pu être choisit pour représenter l’ambivalence existante de ce pays à cette époque, due aux écarts sociaux qui n’ont fait que s’agrandir durant cette dictature : une partie du peuple paraît confortée dans son niveau de vie et ne souhaite pas la chute de Pinochet, une autre partie (dont 40% de la population qui était en dessous du seuil de pauvreté) dénonce ce gouvernement et ses abus dictatoriaux (disparitions, exils, condamnations…).

Ce film paraît aussi être une œuvre d’espoir, les partisans du ‘’No‘’ pensent qu’ils ne gagneront pas, étant persuadés que la dictature prendra le dessus. Lorsque la lutte est engagée, elle paraît absurde : elle nous fait plus penser à des publicités entre grandes firmes concurrentes appartenant à la société de consommation de l’époque (qui est grandissante dans les années 80 au Chili) qui prôneraient la joie par leurs produits, qu’à une lutte politique contre une dictature. Et c’est cette absurdité qui avait marqué Pablo Larraín à l’époque, et qui est tout à fait représentée dans ce film. Un film sous tension, avec une finalité explosive très simplement et sincèrement jouée par Gael García Bernal.

Un film ayant reçu deux prix, à voir pour le côté historique et réaliste (les campagnes, jingles et spots publicitaires sont ceux qui ont réellement été diffusés en 1988), pour un Gael García Bernal très touchant & pour l’élégance troublante avec laquelle Pablo Larraín nous refait vivre la chute du gouvernement Pinochet.

E.

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